Du lac Baïkal à l’Océan Arctique en canoë
Sans assistance et sans lien avec le reste du monde, Philippe Sauve a pagayé depuis le lac Baïkal jusqu’à l’océan Arctique. Il nous livre un récit de voyage frôlant le fantastique.
A bord d’un simple canoë, acheté aux abords du lac Baïkal, Philippe Sauve s’est engagé dans l’aventure périlleuse d’une remontée du fleuve Lena, dans la redoutable Sibérie. Sans aucune assistance, il a vécu ainsi, pendant presque cinq mois, dans un combat incessant avec lui-même. Entre sa peur viscérale des ours et sa crainte permanente de mauvaises rencontres, son voyage se teinte d’une humanité profonde. Avec en arrière plan une nature somptueuse et énigmatique, son récit tisse un lien ténu entre ses angoisses d’homme occidental et la réalité sauvage d’une des régions les plus inhospitalières de la planète.
« Le voyage est une alternance de mort et de renaissance », écrit-il dans son livre « Siberia ».
« Si je n’avais pas cette soif d’aventure, je ne pourrais aller au-delà de mes peurs. Cette soif est un moteur qui m’entraîne vers des événements que je sais d’avance riches en émotions. Ces émotions flirtent souvent avec la peine, car l’engagement dans la nature sauvage, la solitude et la confrontation aux mœurs de populations inconnues ne sont pas des actes habituels. L’homme ordinaire que je suis, conditionné malgré lui au conformisme, doit se faire violence pour relever ces défis. »
Une histoire d’amour Au fil de l’eau, une véritable histoire d’amour se tisse entre cet aventurier insatiable et la belle Lena, farouche et féerique. Il note ainsi dans ses carnets de retour : « J’ai rencontré une jolie fille russe. Elle avait un tempérament de feu, elle s’agitait lorsque je voulais la prendre dans mes bras. Elle avait des courbes parfaites que j’épousais chaque soir. J’ai navigué sur son dos durant quatre mois. Elle s’appelait Lena.
» A la limite de du fantastique Prendre le temps de s’adapter aux éléments, endurer la solitude et ses pires angoisses, surmonter ses limites physiques et entrer dans une sorte de communion avec la nature… le voyage frise l’irréalité et devient fantastique. Les « yeux plein d’espace », il peut alors écrire, »la Nature perçoit ma déclaration et me surprend en peignant de violet les teintes du coucher de soleil », et arrive à se demander si sa « perception du fleuve est indubitablement liée à [son] état psychique. » « Mais je ne sais pas si c’est mon psychisme qui agit sur les éléments ou si c’est l’inverse qui se produit.
Voyage aux confins de soi-même, loin des aventuriers intrépides sans peur et sans reproches qui font des portraits d’eux-mêmes comme des héros, Philippe Sauve livre ses sentiments les plus personnels, et raconte sans détours comment il avance la peur au ventre, se méfie de tout le monde, et ne se sent pas du tout courageux. A son arrivée à destination, dans la ville de Tiksi, un homme lui demande : « Sais-tu ce qui signifie le mot Tiksi en iakoute ? Dans les temps anciens, les Iakoutes avaient coutume de laisser dériver sur la Lena leurs morts dans des cercueils, jusqu’à Tiksi. Tiksi est donc un lieu où se retrouvent les morts. »
Philippe Sauve par emefis
Pour tout savoir sur Philippe: http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Sauve
Pour tout savoir sur ses aventures: http://nomansland.artblog.fr/r12523/Philippe-Sauve/
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