Tara Tari, l’incroyable aventure du voilier en fibre de jute

juin 14, 2012 by     Posted under: Escape

Du Bangladesh jusqu’aux côtes françaises, après avoir parcouru près de 14.000 km en 186 jours, descendu le Brahmapoutre et le Gange, traversé le golfe du Bengale, l’Océan Indien, le golfe d’Aden, la mer Rouge et la mer Méditerranée, bravé les tempêtes, les pirates, les avaries et la solitude, Corentin de Chatelperron, jeune ingénieur de 27 ans, arrive à La Ciotat le 17 août 2010 sur son petit voilier de pêche, premier bateau réalisé en composite intégrant de la fibre de jute. Interview.

TaraTari1.jpg  Bonjour Corentin, tu as donc construis le premier bateau en composite de jute au Bangladesh. Qu’est ce qui a motivé un tel projet ?
Début 2009 je travaillais au Bangladesh pour aider un français, Yves Marre, à monter un chantier naval visant à aider les pêcheurs Bangladais. J’ai commencé en parallèle à étudier la possibilité d’utiliser de la fibre de jute à la place de la fibre de verre pour la construction des bateaux. Cela pourrait avoir un impact considérable autant d’un point de vue économique qu’environnemental localement. Pour prouver que ça marche et essayer de trouver des fonds pour continuer ces recherches, nous avons construit sur le chantier d’Yves mon voilier ‘TaraTari’, le premier bateau qui intègre du jute dans sa fabrication, puis je suis rentré en France avec à la voile.

 

TARA TARI AVENTURE BATEAU Tu as passé 6 mois à bord de ton voilier depuis le Bangladesh jusqu’au port de La Ciotat. Pourquoi un tel périple ?
Pour rentrer à la maison! Puis trouver l’argent et les partenaires qui me permettent aujourd’hui de continuer les recherches sur la fibre de jute avec l’association Watever.

Ton voyage a été ponctué de nombreuses escales. Comment as tu été accueilli dans les ports ?
A chaque escale, j’ai été très bien accueilli et aidé. J’ai rencontré beaucoup de pêcheurs locaux et de navigateurs. Le fait d’être sur un petit bateau de pêche très inconfortable a poussé beaucoup de gens à m’aider.

TARA TARI EXPEDITION Une rencontre t’a-t-elle marqué en particulier ?
J’ai fait de très belles rencontres, mais la rencontre avec personne m’a beaucoup marqué ! C’était ma première expérience de solitude totale. Quand on commence à se parler tout seul, on se dit qu’on est en train de se rencontrer…

 Quelle a été ta plus grosse galère ?
J’ai navigué au large de la Somalie, zone infestée de pirates. Ca a été un moment très difficile car je devais en permanence scruter l’horizon et être prêt à affaler mes voiles dès que je voyais un bateau.

…Et ta plus belle expérience ?
Me retrouver seul au milieu de l’océan Indien, pendant un mois, a été une expérience inoubliable!

 Quel accessoire t’a été le plus utile pendant ton périple ?tara tari livre corentin de chatelperron
Le bateau je pense :)

…Et celui dont tu te serais passé ?
Ma guimbarde

 Un conseil pour ceux qui souhaitent se lancer dans l’aventure ?
Ne pas seulement le souhaiter, le faire vraiment!
Se préparer pour être en sécurité, mais pour le reste, laisser beaucoup de place à l’improvisation.
Un projet en préparation ?
DES projets… le plus difficile va être de choisir.

 

Tara Tari a démontré qu’il est possible de fabriquer des bateaux en utilisant un composite à base de fibre de jute. Cette alternative à la fibre de verre présente des avantages écologiques et économiques considérables pour le développement du Bangladesh. Depuis cette expédition, un laboratoire de recherche a été monté près de Dhaka, afin de développer un matériau composite à base de fibre de jute pour l’industrie du Bangladesh (fabrication de bateaux, mobilier, habitat, etc.).

Pour en savoir plus, rendez vous sur le site de Tara Tari


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